L’écriture savante du futur
Département des littératures de langue française
2104-3272
Sens public

Descriptif

Objectifs

Que signifie écrire en contexte numérique ? Quelle est l’influence des nouvelles technologies sur la forme de nos contenus scientifiques ? Quelles pratiques d’écriture les chercheur·e·s en SHS doivent développer afin de produire des documents qui garantissent à la fois la rigueur scientifique et la pérennité de leur pensée ?

L’écriture en environnement numérique – qu’elle soit destinée à l’impression ou à la diffusion papier – s’est aujourd’hui totalement banalisée : personne n’écrit un article à la main pour le faire ensuite dactylographier par un tiers. Pourtant, la réflexion sur les enjeux liés à cette écriture relativement nouvelle demeure peu développée, et nos usages des technologies numériques s’avèrent limités par rapport à toutes leurs potentialités.

Par ailleurs, les outils disponibles pour écrire ne sont pas nombreux, ils demeurent souvent propriétaires et sont rarement conçus et adaptés aux besoins des chercheurs en SHS. Concrètement, la quasi-totalité de la production scientifique en sciences humaines et sociales passe aujourd’hui par un seul logiciel et un seul format :Word et le format docx, propriétés de Microsoft. Conçu pour tous les usages, il se trouve mal adapté aux besoins spécifiques des auteur·es universitaires.

Afin de palier ce manque de réflexion et de diversité, ce projet propose un partenariat avec la société d’informatique PiNinja avec deux objectifs :

  1. Analyser et documenter l’impact et l’influence des technologies d’écriture sur la production de documents scientifiques en sciences humaines et sociales.
  2. Développer des outils d’écriture destinés à la rédaction scientifique en sciences humaines et sociales.

Ce partenariat permettra plus particulièrement à la société PiNinja de développer Stylo, un éditeur de texte spécialement conçu pour répondre aux enjeux de l’édition savante qui est actuellement à l’état de prototype conçu en collaboration avec les chercheurs qui portent ce projet. La société PiNinja est spécialisée dans le développement d’outils numériques adaptés aux besoins des chercheurs en SHS. Dans le cadre de ce projet, elle bénéficiera des ressources scientifiques amenées par le partenariat pour améliorer ses services et ses logiciels d’édition.

Originalité et importance du projet

Ce projet repose sur la conviction que nos outils d’écriture exercent un impact majeur sur la production des connaissances. En effet :

  1. Ils influencent la structuration des contenus
  2. Ils définissent les critères d’accessibilité des contenus
  3. Ils déterminent la pérennité ou le caractère éphémère des contenus.

Aujourd’hui la quasi-totalité des contenus scientifiques est produite avec un logiciel de traitement de texte propriétaire qui n’est pas pensé et conçu pour des usages académiques, à savoir le logiciel Word. Sa prédominance a un impact majeur sur les contenus que nous produisons en SHS :

  1. Les traitements de texte et en particulier Word entretiennent une confusion entre structuration et mise en forme : pour faciliter la lecture et le traitement d’un article ou d’un ouvrage il faut dissocier le rendu graphique (un texte dans une taille de police importante) de sa valeur sémantique (il s’agit d’un titre de niveau 2)
  2. Les contenus produits en docx sont pauvrement balisés et difficilement accessibles, car peu indexés. À une époque où la production de textes n’a jamais été aussi foisonnante, il devient crucial que les documents soient correctement structurés pour améliorer leur indexation et permettre leur requête par des outils de recherche avancée
  3. Les éditeurs sont dans l’obligation de faire un travail de reprise des textes long et fastidieux afin de réintroduire une couche sémantique et de corriger les nombreuses erreurs introduites par ces traitements de texte
  4. La pérennité des documents de format docx dépend de la bonne volonté de Microsoft à maintenir ce format propriétaire. Or la pérennité ne constitue pas la mission et la priorité d’une entreprise commerciale. Rien ne garantit ainsi que les contenus au format docx seront accessibles dans le futur.

Il est donc urgent de penser et d’expérimenter de nouveaux modèles d’écriture, plus adaptés aux besoins de la production des connaissances en SHS.

Ce projet permettra un avancement décisif dans un domaine qui n’est que trop peu étudié : l’impact des technologies d’écriture dans la production des contenus savants en SHS.

Il permettra au partenaire PNinja de développer ses compétences dans le domaine de l’écriture savante. Cette compétence, très rare sur le marché des logiciels d’écriture, est au centre des préoccupations de notre partenaire. La collaboration avec des chercheur·e·s en SHS spécialistes de ces enjeux sera donc essentielle pour le partenaire.

Revue de littérature

Plusieurs recherches se sont penchées sur le rapport entre outil d’écriture et structuration de la pensée. Jack Goody a notamment montré comment l’émergence de l’écriture a permis le développement des formes de raisonnement abstrait (Goody, s. d.). Dans un même ordre d’idée, Christian Vandendorpe a observé les changements de structures de pensée lors du passage du rouleau (volumen) au codex, puis à celui de l’hypertexte (Vandendorpe 1999).

Aux XIXe et XXe siècles, la dimension matérielle de l’écriture avait été quelque peu mise entre parenthèses, notamment au sein de tendances théoriques rassemblées de façon un peu arbitraire sous le nom de “post-structuralisme”, qui ont pu contribuer à véhiculer une conception idéalisée du texte, transcendant sa dimension proprement inscrite. Que l’on pense en particulier aux travaux sur l’intertextualité de Kristeva, ou à l’idée de “texte” défendue par des penseurs tels que Derrida ou Barthes. Ces penseurs ont déterminé une omniprésence de la notion de texte qui a contribué à nuire à la compréhension et la considération de sa matérialité.

La généralisation massive de l’écriture numérique dans les dernières décennies a suscité un nouvel intérêt pour cette thématique et une prise de conscience aigüe de la matérialité du texte ainsi que de l’impact des technologies d’écriture sur la pensée.

La naissance des software studies et des critical code studies témoigne de l’intérêt pour ces questions. Dans la tradition des media Studies initiée par McLuhan, des auteurs comme Friedrich Kittler, Lev Manovich, Alexander Galloway, Geert Lovink, Espen Aarseth, Matthew Fuller ont travaillé sur la signification et les enjeux culturels des outils numériques (Aarseth 1997  ; Galloway 2012). Les logiciels - et plus généralement le code - ne sont pas neutres : ils portent et promeuvent des valeurs, et conditionnent ainsi le développement de nos sociétés.

Malgré ces nombreuses recherches consacrées à l’impact culturel des technologies numériques, il n’y a presque aucun travail ciblant spécifiquement les logiciels d’écriture. À l’exception notable de Matthew Kirschenbaum qui a dédié un ouvrage entier à l’usage des traitements de texte comme Word dans le monde de l’écriture littéraire (Kirschenbaum 2016), aucune étude ne traite de l’influence de ces logiciels sur la production scientifique.

Les rares textes critiques sont plutôt des billets de blogs, comme celui, très bien documenté, de Julien Dehut.

Méthodologie et approche théorique

Ce projet sera fondé sur les acquis des software studies pour analyser l’impact des technologies d’écriture sur la structuration des contenus scientifiques en SHS.

L’hypothèse théorique de départ est que les technologies numériques, loin de constituer des outils neutres, conditionnent profondément les pratiques, mais aussi les valeurs et les cultures (Doueihi 2010). À partir de cette hypothèse générale, nous nous concentrerons sur les acquis de la recherche menée par Matthew Kirschenbaum sur l’impact des traitements de texte sur l’écriture littéraire pour appliquer les principes de ce travail à l’écriture savante (Kirschenbaum 2016).

Le format docx est basé sur la notion de WYSYWYG (What You See Is What You Get) : le format - et le logiciel Word qui permet de le produire - privilégient le rendu graphique à la structuration logique des contenus. Ainsi, au lieu de considérer une chaîne de caractères comme un titre ou comme le nom d’un auteur et de l’exprimer comme tel, le format n’associe à cette chaîne de caractères qu’un style, défini par un type de caractère, une taille, etc.

Le texte en tant que tel n’est jamais accessible. L’éditeur est ainsi porté à imaginer son texte dans sa forme imprimée, et à le structurer en conséquence.

La méthodologie de ce projet se base sur la notion de co-design : produire un outil en collaboration avec les usagers ciblés (https://www.nngroup.com/articles/top-10-application-design-mistakes/).

Dans le cadre de ce projet nous travaillerons avec 10 étudiants de doctorat en phase de rédaction de thèse. Nous leur procéderons comme suit :

  1. Chaque étudiant écrira un chapitre de sa thèse en utilisant le logiciel de son choix (selon nos enquêtes préliminaires, il s’agira pour le 60% de Word, 20% Libreoffice et 20% autres outils).
  2. Nous formerons ensuite les étudiants à l’utilisation de l’éditeur de texte Stylo, développé en collaboration entre la Chaire de Recherche du Canada sur les écritures numériques et l’entreprise partenaires PiNinja
  3. Chaque étudiant écrira un chapitre de sa thèse en utilisant Stylo
  4. Chaque étudiant réalisera une évaluation des deux processus d’écriture en se basant sur des grilles d’évaluations (ex http://www.archivistes.qc.ca/revuearchives/vol29_1/29-1-bouthillier.pdf, p. 108) qui seront développées par les chercheurs et qui prendront en compte les aspects suivant :
    • Capacité de concentration lors de l’écriture
    • Capacité de structuration de la pensée
    • Ergonomie
    • Graphisme
    • Définition des besoins et des priorités de l’écriture scientifique et correspondance de l’outil à ces besoins
  5. Nous organiserons des ateliers de travail pour structurer les retours d’usage des étudiants avec les deux chercheurs, le partenaire et les étudiants
  6. Nous produirons un document avec des lignes directives pour améliorer l’outil Stylo sur la base des retours d’expérience
  7. Le partenaire développera Stylo sur la base des recommandations
  8. Nous organiserons un atelier final (avec les étudiants, les chercheurs et le partenaire) pour vérifier que les recommandations aient été implementées.

Participation de l’équipe et de l’organisme partenaire

La recherche sera dirigée par Marcello Vitali-Rosati, expert en écriture numérique et titulaire de la Chaire de Recherche du Canada sur les écritures numériques (la CRCEN). Marcello Vitali-Rosati a dedié une grande partie de ses travaux à l’analyse des changements culturels déterminés par le fait numérique et plus particulièrement aux évolutions de l’édition savante en SHS. Le laboratoire de la Chaire de recherche sera l’environnement idéal pour le développement du projet.

Michael Sinatra, expert en humanités numériques et directeur du Centre interuniversitaires sur les humanités numériques - qui est aussi membre du laboratoire de la CRCEN - aidera le chercheur principal dans les analyses des pratiques d’écriture grâce à son expértise sur les outils numériques en SHS.

La recherche se fera en collaboration étroite avec Arthur Juchereau, titulaire de l’entreprise PiNinja. PiNinja est une entreprise spécialisée dans la production d’outils d’écriture pour les SHS qui a déjà travaillé sur plusieurs projets avec les chercheurs impliqués sur cette initiative. En particulier, on citera la plateforme d’édition collaborative consacrée à l’Anthologie Palatine, et surtout l’éditeur de texte Stylo, développé dans le cadre d’une réflexion déjà engagée avec la CRCEN dont la finalisation sera au centre du présent projet.

Les réflexions théoriques et les analyses des pratiques d’écriture existantes réalisées par les deux chercheurs du projet ainsi que les ateliers de travail avec les étudiants impliqués sur le projet serviront à PiNinja afin d’orienter le développement de l’outil d’écriture. Par la suite, la version 2.0 de cet outil sera testée par les chercheur·e·s pour être en mesure d’apporter les améliorations nécessaires.

methodo

Formation et mentorat

La quasi-totalité du budget de ce projet sera consacrée aux étudiant·e·s.

Concrètement, nous engagerons :

  1. Un doctorant (Antoine Fauchié) pour coordonner le projet
  2. 10 doctorants pour tester l’éditeur de texte Stylo dans le cadre de leur rédaction de thèse
  3. 4 maîtrisant·e·s pour aider dans les analyses et les tests d’outils
  4. 4 étudiant·e·s de premier cycle pour prise de notes pendant les ateliers

Ces étudiant·e·s bénéficierons d’une formation sur les enjeux de l’écriture numérique, une compétence qui sera ensuite précieuse pour la suite de leur parcours universitaire ainsi que pour leur compétitivité sur le marché du travail.

Notre projet vient en effet répondre à un besoin pédagogique majeur, celui de la littératie numérique des étudiant·e·s, et plus particulièrement des étudiant·e·s en littérature, dont la professionnalisation est dépositaire de nouvelles compétences en édition numérique. De fait, malgré l’ouverture d’un important marché, il n’existe pas encore de formation spécifique dans ce domaine, qui est alors souvent investi par des compétences acquises par des pratiques quotidiennes ou amateures.

Mobilisation des connaissances

Le fruit de notre recherche durant cette phase de développement de partenariat s’adresse principalement, sans l’être exclusivement, à la communauté scientifique. Nous dirons même que cette recherche est destinée à deux types de public : un public universitaire et un public non-universitaire. La réflexion sur les enjeux du numérique continue de se développer rapidement au sein de la communauté scientifique, mais les technologies de l’information et de la communication font désormais partie du quotidien d’une large proportion de personnes, en quête d’analyses pouvant les guider dans leurs pratiques. Il est donc important de diffuser les résultats de la recherche à ces niveaux différents : pour les chercheur·e·s ainsi que pour le grand public. Notre objectif est de fournir à la communauté scientifique des outils d’écriture et de diffusion plus efficaces, tout en permettant au grand public de souligner l’inscription du fait numérique dans une tradition initiée bien au-delà des mutations technologiques liées au numérique.

La mobilisation des connaissances auprès des étudiant·e·s est fondamentale dans le cadre de ce projet : ce sont les étudiant·e·s qui permetteront, à moyen terme, de changer les pratiques d’écriture.

Concrètement, outre la publication des résultats de notre recherche sous forme d’articles scientifiques, nous envisageons la production de plusieurs types de documents et d’évènements :

  1. Tutoriels d’écriture disponibles en ligne réalisés en collaboration avec le partenaire
  2. Vidéos en ligne pour expliquer l’impact des outils d’écriture sur la structuration des contenus. Les vidéos seront diffusées sur le site de la CRCEN et sur le site du partenaire
  3. Journées de formation sur les outils d’écriture en SHS destinées aux étudiant·e·s des cycles supérieurs et aux chercheur·e·s - en particulier en partenariat avec la Bibliothèque de Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Montréal et avec la présence du personnel de l’entreprise partenaire qui pourra assurer la formation technique
  4. Un article scientifique sur les résultats du projet

Influence et impact

Nous considérons que ce projet est destiné à avoir un impact majeur dans les pratiques d’écriture savantes de demain. Nos analyses permettront de mieux saisir les besoins propres à l’écriture savante et de penser des outils adaptés pour y répondre. Ces outils seront ensuite développés par le partenaire, ce qui lui permettra d’améliorer son offre de logiciels en profitant de la réflexion théorique apportée par cette initiative.

Concrètement, ce projet permettra de :

  1. Identifier les besoins qui caractérisent l’écriture en SHS
  2. Comprendre l’impact que les logiciels (et en particulier Word) ont sur l’écriture savante en SHS
  3. Développer des nouveaux outils libres et open source qui seront ensuite mantenus par le partenaire
  4. Modifier les pratiques d’écriture à moyen terme et améliorant l’accéssibilité, la visibilité et la pérennité des contenus en SHS

expliquer comment l’organisme partenaire participera au leadership intellectuel et au processus décisionnel du partenariat, et comment la demande intègre l’expertise de l’organisme partenaire;

Influence et impact probables des résultats du projet au sein de l’organisme partenaire et à l’extérieur

Calendrier

calendrier
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Lettre Pninja

8000 espèces
  2000 nature (il participe aux ateliers)

C’est avec conviction que je confirme, par le présent courrier, la participation de la PiNinja à titre de partenaire dans le projet « Repenser l’écriture savante à l’époque du numérique ». Ce projet fait l’objet d’une demande de subvention qui sera déposée dans le cadre du programme Engagement Partenariat du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada. Je confirme ainsi avoir lu et compris les objectifs du projet ainsi que les modalités de participation, et j’affirme que mon équipe participera pleinement à la réalisation du projet.
PiNinja est une société de conseil et de développement investie dans le monde de l’édition, avec une expertise particulière sur l’infrastructure logicielle et les métadonnées du document. Nous collaborons d’ors-et-déjà avec la Chaire de Recherche du Canada sur les écritures numériques sur plusieurs projets d’édition savante. En particulier, depuis 2014, nous réalisons, en collaboration avec la Chaire, l’éditeur de texte Stylo, un logiciel libre pensé pour répodre aux besoins de l’écriture scientifique en Sciences humaines et sociales. C’est au cours de la collaboration avec Marcello Vitali-Rosati et son équipe qu’a pu germer l’idée d’un partenariat spécifique sur l’écriture savante. La demande de subvention intervient donc dans un contexte favorable de convergence de vision entre PiNinja et la CRC sur les écritures numériques. Le partenariat constitue notamment pour PiNinja une opportunité unique pour améliorer et renouveller son offre de services. Le caractère innovant du projet et du produit à venir justifie pleinement notre implication dans le partenariat.

En effet, le développement d’outils comme Stylo ne peut se faire sans un travail collaboratif avec les communautés qui doivent en être les principaux usagers. La réflexion scientifique sur les pratiques d’écriture qui est l’objet de ce projet est la condition de possibilité pour développer des outils qui répondent vraiment aux besoin de la communauté scientifique qui ne peut pas devenir un récepteur passif des solutions proposées par les entreprises productrices de logiciels.

PiNinja s’engage ainsi à fournir pendant ce partenariat un effort d’implémentation logicielle en vue de finaliser le développement de Stylo, qui est à ce jour seulement un prototype. L’objectif du projet pour PiNinja est de pouvoir ensuite proposer un outil stable et adapté aux besoins des chercheurs et de pouvoir srtout proposer à la communauté scientifique des services d’accompagnement et d’implémentation pour cet otil.

Ce développement se fera sur la base des recommandations et du cahier des charges, produits sous la direction de Marcello Vitali-Rosati et de son co-chercheur Michael Sinatra. Il représente pour PiNinja un investissement en espèces estimé à $8000,00 (environ 115 heures de développement). En tant que titulaire de PiNinja j’aujouterai en nature mon propre temps de travail pour la présence aux ateliers de réflexion (4 journées) et pour le suivi et l’accompagnement technique des étudiants et des chercheurs (temps estimé: 1 semaine de travail) qui peut être estimée à la valeur de $2000.

En retour, PiNinja bénéficiera directement des résultats de recherche du partenariat, enrichissant ses services d’une expertise nouvelle à haute valeur ajoutée. À l’issue du projet, nous rendrons disponible le logiciel, distribué en marque blanche sous licence libre, en cohérence avec notre philosophie. PiNinja proposera à ses clients (organisations, éditeurs, auteurs) l’accompagnement et la maintenance du logiciel, ainsi que son expertise sur la formation à de nouveaux outils d’écriture scientifique. Je vous prie de recevoir mes sincères salutations,

Budget

Justification du budget

Le projet sera l’opportunité pour les étudiants de développer une réflexion innovante, à la fois théorique et technique, sur l’édition savante à l’ère du numérique, et de mettre cette réflexion en application. Ils seront donc au cœur du projet et 100% du financement demandé au CRSH sera employé pour les rémunérer.

Nous allons embaucher :

  • 1 doctorant comme coordinateur du projet. Il s’agit d’Antoine Fauchié, doctorant sous la direction de Marcello Vitali-Rosati, dont la thèse porte sur les nouvelles formes d’écriture numérique.
  • 10 doctorants en phase de rédaction - aux départements des littératures et langues du monde et des littératures de langue françaises - pour tester l’éditeur Stylo dans le cadre de leur rédaction de thèse et pour rédiger des évaluations sur l’éditeur (3 seront payés par le GREN et 7 avec les fonds CRSH)
  • 4 maîtrisants pour aider dans les analyses et les test des outils
  • 4 étudiant·e·s de premier cycle pour supporter dans la formation à l’outil Stylo, prise de notes pendant les ateliers

Tous ces étudiants bénificieront d’abord d’une formation sur les thématiques du projet ainsi qu’une formation technique qui sera assurée par notre partenaire PiNinja.

Pendant le projet, les étudiants travaillerons en collaboration étroite avec les deux chercheurs et le partenaire.

Le projet durera un an. Les heures de travail seront reparties entre Novembre 2019 et Décembre 2020.

Les prix de l’heure sont 28$ pour les doctorants, 25,50 pour les maîtrisant et 19,90 pour les étudiants de premier cycle.

Tâches N. d’heures Prix
Coordinateur
Communication et coordination des échanges entre partenaire, chercheurs et étudiants 30h $840
État de l’art sur les outils d’écriture 50h $1,400
Contribution à l’élaboration de grille d’évaluation 20h $560
Participation aux ateliers 30h $840
rédaction de compte-rendus sur les ateliers 30h 840
Rédaction cahier de charges pour le partenaire 20h $560
Rédaction de guide et tutoriel 30h $840
TOTAL 210h $5,880
Doctorants
Aprentissage Stylo 5h $140
Rédaction rapport sur l’expérience d’écriture 20h $560
Participation aux ateliers 30h $840
TOTAL 55hx7 doctorants 420h $10,780
Maîtrisants
Support dans l’analyse et le test des outils 30h $765
Participation aux ateliers 30h $765
TOTAL 60hx4 maîtrisants 240h $6,120
Premier cycle
Participation aux ateliers pour prise de note et support logistique 30h $597
TOTAL 30hx2 maîtrisants 60h $1,194

Le développement technique de Stylo sera assuré par la société PiNinja. Cette contribution, estimée à $8,000 (114 heures @ $70/heure), consiste en les tâches suivantes : analyse du cahier de charges produit suite aux ateliers de réflexion, analyse du défi, choix des technologies, déploiement, installation et configuration, intégration graphique et ergonomique, test et suivi technique.

Des contributions supplémentaires seront apportées par Le Groupe de Recherche sur les édition Numériques (GREN) qt par le Centre de Recherche Interuniversitaire en Humanités Numériques (CRIHN) et par la CRC sur les écritures numériques. Le GREN contribuera avec $4,620 en espèces qui serviront à payer 3 des 10 doctorants qui participeront au test de Stylo. Le CRIHN fournira les locaux et les serveurs d’hébergement de la plateforme, pour un montant en nature équivalent à $1,000.

Aarseth, Espen J. 1997. Cybertext: perspectives on ergodic literature. Baltimore, Md: Johns Hopkins University Press.

Galloway, Alexander R. 2012. The interface effect. Cambridge, UK; Malden, MA: Polity.

Goody, Jack. s. d. Raison graphique. Traduit par J. Bazin. Minuit.

Kirschenbaum, Matthew G. 2016. Track Changes: A Literary History of Word Processing. Cambridge, Massachusetts: Belknap Press: An Imprint of Harvard University Press.

Vandendorpe, Christian. 1999. Du papyrus à l’hypertexte: essai sur les mutations du texte et de la lecture. Paris: La Découverte. http://vandendorpe.org/papyrus/PapyrusenLigne.pdf.