Compte-rendu critique du Chapitre 6. Wiki, boîte à outils ou de Pandore?
de Marie Chagnoux et Pierre Humbert
Ariane Charbonneau
Département des littératures de langue française
2104-3272
Sens public 2019/10/31

Introduction

Depuis l’avènement du Web 2.0, les utilisateurs sont sollicités à participer sur des plateformes dans l’idée de collaborer dans la création de contenu. Que ce soit à des fins personnelles ou à des fins saventes, les plateformes de collaboration permettent un partage d’informations et de connaissances parmi les individus d’une ou de plusieurs communautés virtuelles (Marcotte 2009). En se concentrant sur les communautés savantes, plusieurs plateformes d’édition numérique se sont développées pour avoir à disposition des outils prônant la contribution de plusieurs individus. Un de ceux-ci se trouve à être l’utilisation des wikis comme plateforme d’écriture et d’édition collaborative. Par sa définition la plus simpliste, un wiki est un « site web collaboratif où chaque individu visiteur peut participer à la rédaction du contenu » (« Site Wiki » 2004). On peut donc faire référence ici à Wikipédia qui est l’un des exemples les plus connus en ce qui concernent les plateformes collabaratives. Tous peuvent participer au développement des connaissances qu’on retrouve sur les différentes pages. Ceci étant dit, le chapitre écrit par Marie Chagnoux et Pierre Humbert, Chapitre 6. Wiki, boîte à outils ou de Pandore? (2008), publié dans Expérimenter les humanités numériques d’Étiennet Cavalier et al., se concentre sur le rôle des wikis dans le domaine des recherches des sciences humaines et sociales (Chagnoux et Humbert 2018). On y présente une autre facette des wikis qui semblent être moins prises en considération dans les analyses sur ce type de plateforme. Désirant aller au-delà de l’idée des wikis comme étant que des plateformes d’édition de contenu, différents thèmes sont abordés pour mieux comprendre la mécanique derrière ceux-ci, ainsi qu’une étude sur le terrain a été mise en place pour avoir l’avis des chercheurs qui les utilisent comme outils de travail collaboratif.

Propos de l’ouvrage

Thèse de l’ouvrage

Plutôt que de se concentrer sur les aspects d’édition numérique et du travail collaboratif, les auteurs avancent comme thèse que d’« utiliser les wikis permet de disposer d’un outil polyvalent qui répond parfaitement aux différentes facettes du métier de chercheur en SHS (sciences humaines et sociales » (Ibid.). En d’autres mots, ils se concentrent sur les éléments qui permettent de rendre le travail des chercheurs plus efficace dans un milieu collaboratif. L’objectif est de présenter le wiki comme étant un outil de gestion propice aux recherches dans ce domaine et que celui-ci aide à l’établissement d’une harmonie dans le travail d’équipe.

Thèmes abordés et sources

L’étude est séparée sous trois thématiques distincites, soit la « technologie wiki » et « le wiki en contexte » (Ibid.). Par rapport à la technologie derrière ces outils, on mentionne que leur utilisation est simple et intuitive en y intégrant des interfaces WYSIWYG (What you see is what you get (Mellet 2019)) (Chagnoux et Humbert 2018). Il devient donc facile pour les utilisateurs de s’adapter puisque la structure s’établit au fur et à mesure que les usagers y travaillent et qu’il y a possibilité d’avoir accès à l’évolution du contenu et de pouvoir le gérer dépendemmant des besoins de la recherche. Ensuite, d’une approche plus pratique, le wiki permet de place des informations qui pourraient sembler disparates dans des contextes pour que les chercheurs comprennent leur origine.Il sert aussi de système dynamique de gestion de projet en y intégrant divers outils qui établissent un suivi des activités et d’établir les tâches des tous les membres (Ibid.). Toujours dans l’optique d’optimiser la recherche, le wiki permet d’établir des liens d’interaction entre les chercheurs et on peut mettre en place différents formats de wiki selon les besoins de ce qui est attendu comme résultat final. Finalement, le contexte du wiki permet d’établir une image d’ensemble de son utilité dans le cadre d’études en sciences humaines et sociales. Dans celle-ci, les auteurs se sont intéressés au projet Publictionnaire pour connaître les avantages et les inconvénients perçus par les cherchers dans l’utilisation d’un wiki comme plateforme collaborative.

Structure de l’ouvrage

Méthodologie

Comme méthodologie, Chagnous et Humbert ont tenu des entretiens avec une dizaine de leurs collègues participant au projet Publictionnaire. Tous devaient utiliser un wiki comme plateforme de travail pour assurer la gestion et l’édition de celui-ci. Les entretiens ont été animés par un collègue qui ne travaille pas sur le projet, Benjamin Kelm (Ibid.). Le but de ceci est d’obtenir des résultats objectifs sur le sujet d’étude.

Objectif

Le but des entretiens est d’ « enrichir [une] réflexion au prisme d’autres cultures - disciplinaires, générationnelles, philosophiques » (Ibid.). En d’autres mots, selon le niveau de connaissances des wikis de chaque membre du projet, les auteurs désirent connaître l’opinion de ceux-ci à l’égard de l’utilisation des wikis comme outil de gestion de travail. Leur objectif prend en considération que le wiki est efficace pour l’édition numérique et le travail collaboratif, mais ils s’orientent davantage sur les impacts que celui-ci aura sur la gestion de l’équipe de recherche.

Critique

Ce qui est pertinent avec les entretiens et la recherche générale menée par Chagnoux et Humbert est le côté humain derrière l’utilisation des wikis. En effet, en se concentrant sur l’impact que les wikis peuvent avoir sur la gestion du travail, on met de l’avant le fait qu’il y a plus que l’édition du contenu sur ce type d’outils. Certes, on ne peut pas omettre le concept du travail collaboratif dans la gestion d’un projet comme celui-ci. La gestion de la recherche via le wiki va automatiquement venir influencer et structurer l’édition numérique du projet puisque le tout de la recherche tourne autour du travail collaboratif. Surtout dans les sciences humaines et sociales où les conaissances de tous les membres sont utiles. Il devient intéressant de constater qu’il y a des outils mis en place pour que le travail d’équipe se fasse en harminie en ayant accès à des suivis des activités et en pouvant interagir les uns avec les autres. De plus, parmi les entretiens, plusieurs chercheurs mentionnent qu’ils étaient sceptiques face à l’utilisation d’un wiki pour la création du proejt, mais que c’est en s’impliquant et en allant travailler dans la plateforme qu’ils ont pu accroître leurs connaissances et leurs techniques d’utilisation (Ibid.). En s’appropriant les différentes fonctions qui sont offertes pour le projet sur le wiki, le chercheur est donc en mesure de pouvoir optimiser son travail et ce, à n’importe quel moment du projet.

Les points avancés par les auteurs permettaient de bien comprendre en quoi consiste l’ensemble des wikis et de leur fonctionnement dans un cadre de recherche comme celui présenté dans le texte. De plus, il était pertinent d’avoir l’opinion des chercheurs qui l’utilisaient pour avoir un point de vue subjectif sur le sujet. Voir leurs craintes face à la plateforme au départ du projet et de l’évolution de leur opinion plus ils servaient de celle-ci démontre que c’est en allant directement dans un programme d’édition numérique qu’on apprend les fonctionnements de celui-ci.

Conclusion

Pour conclure, l’étude menée par Chagnoux et Humbert permet d’éclaircir le portrait de l’utilisation des wikis comme outils de travail participatif, mais aussi comme étant un élément essentiel dans le bon fonctionnement d’une recherche collaborative. Par sa structure dynamique, les chercheurs ont donc la possibilité de suivre les activités en continu tout en ayant conscience de qui accomplit quelle tâche. Cela permet d’harmoniser l’ensemble du projet, tout en ayant une gestion du temps et de l’espace (Ibid.). Avec des témoignages de ceux faisant partie du projet Publictionnaire, il était possible de constater l’efficacité de cette technique de travail et de voir l’utilité que le wiki amenait au sein de l’équipe. Les wikis peuvent donc être très utiles dans l’élaboration du projet collaboratif et pour s’assurer qu’il y ait un suivi compris par tous les membres. Ceci étant dit, il pourrait être intéressant d’analyser diverses plateformes d’édition numérique créées pour des projets collaboratifs qui font la balance entre l’édition et la gestion du travail en temps réel.

Nombre de mots

1268 mots

Bibliographie

Chagnoux, Marie, et Pierre Humbert. 2018. « Chapitre 6. Wiki, boîte à outils ou de Pandore ? » In Expérimenter les humanités numériques : Des outils individuels aux projets collectifs, édité par Étienne Cavalié, Frédéric Clavert, Olivier Legendre, et Dana Martin, 63‑79. Parcours numérique. Montréal: Presses de l’Université de Montréal. http://books.openedition.org/pum/11112.

Marcotte, Sophie. 2009. « La communauté virtuelle comme espace de publication savante ». Mémoires du livre / Studies in Book Culture 1 (1). https://www.erudit.org/fr/revues/memoires/2009-v1-n1-memoires3559/038634ar/.

Mellet, Margot. 2019. « Théories de l’édition numérique - FRA3826 - Automne 2019 ». Notes de cours. https://mmellet.github.io/fra3826-a2019/Cours3.html#/.

« Site Wiki ». 2004. Office québécois de la langue française. http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8362053.